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Assurance crédit conso : le guide expert pour économiser, déjouer les pièges et résilier

Sommaire

Soyons clairs dès le départ : le crédit à la consommation finance vos projets (voiture, travaux, voyage), mais l’assurance, elle, finance la banque.

Sur un prêt immobilier, vous faites attention à chaque virgule. Mais sur un crédit consommation de 10 000 € ou 15 000 €, la vigilance s’effondre. Vous vous dites : “C’est juste 15 € par mois, pourquoi m’embêter ?”.

C’est exactement sur ce relâchement que les banques et organismes de crédit (Sofinco, Cofidis, Cetelem, etc.) construisent leurs marges les plus importantes. En réalité, cette assurance “facultative” peut représenter jusqu’à 30% du coût total de votre crédit.

Ce guide n’est pas là pour vous réciter le Code des Assurances. Il est là pour vous faire passer du statut de néophyte à celui de négociateur (qui connaît les ficelles).

Nous allons décrypter les petites lignes illisibles, dénoncer les garanties inutiles et vous donner la méthode exacte pour payer le juste prix.

Cadre Légal et Réalité Terrain : Êtes-vous obligé de souscrire ?

C’est la première question que tout le monde pose, et c’est aussi le premier mensonge par omission dont vous pourriez être victime. Entre la théorie juridique et ce qui se passe dans le bureau de votre conseiller, il y a un fossé.

Ce que dit la loi (Lagarde & Murcef)

Sur le papier, la loi est formelle : L’assurance emprunteur pour un crédit à la consommation est facultative.

Contrairement au crédit immobilier où la banque peut exiger une assurance, aucun texte de loi ne vous oblige à vous assurer pour un prêt personnel, un crédit auto ou un crédit renouvelable.

  • Loi Murcef : Elle interdit la “vente liée”. Un banquier n’a pas le droit de vous dire “Je vous accorde le crédit seulement si vous prenez l’assurance”.
  • Loi Lagarde : Elle vous autorise à choisir une assurance externe (délégation) si vous décidez de vous assurer.

Pourtant, si vous avez déjà demandé un prêt, vous savez que le banquier vous présente souvent le contrat avec la case assurance déjà cochée, ou vous fait comprendre que “ce serait mieux pour votre dossier”.

La pratique : le “Chantage au Taux” et comment le contourner

C’est ici que nous quittons le monde des bisounours juridiques pour la réalité du terrain.

Si vous arrivez frontalement en disant : “Je refuse votre assurance, je veux une délégation externe moins chère” AVANT d’avoir l’accord de prêt, vous commettez une erreur stratégique majeure.

Pourquoi ? Parce que les banques utilisent le scoring. Si vous refusez leur assurance, votre dossier devient moins “rentable” pour elles. Résultat : le conseiller peut trouver un prétexte (taux d’endettement, stabilité pro) pour refuser le crédit ou augmenter le taux d’intérêt.

L’Astuce de l’Expert (Pépite #1) : La Stratégie du “Sign & Switch”

Ne vous battez pas au mauvais moment. Vous êtes en position de faiblesse tant que les fonds ne sont pas sur votre compte. Voici la méthode imparable pour contourner les règles de l’organisme de crédit :

1. Dites OUI à tout : Lors de la demande de prêt, acceptez l’assurance de la banque, même si elle est hors de prix (souvent 2 à 3 fois le prix du marché). Soyez le client “facile”.

2. Sécurisez les fonds : Signez l’offre, attendez que l’argent soit viré sur votre compte.

3. Switchez immédiatement : Dès le lendemain du virement, utilisez la Loi Hamon. Vous avez 1 an pour résilier et changer d’assurance sans frais et sans que la banque ne puisse modifier le taux de votre crédit.
Sinon, vous pouvez aussi monter votre dossier de changement d’assurance auprès d’un courtier en assurance ou d’un assureur de prêt avant le début de votre prêt.  Demandez à mettre une date d’effet après le déblocage des fonds…

Résultat : Vous avez eu votre crédit facilement, et vous ne paierez l’assurance chère que le premier mois. C’est légal, imparable, et c’est la seule façon de gagner à coup sûr.

La Fiche Standardisée d’Information (FSI)

Si le banquier insiste pour vous vendre son assurance, il a l’obligation légale de vous remettre la Fiche Standardisée d’Information (FSI).

Ce document est votre arme de comparaison massive. Il doit détailler :

  • Les garanties exactes (Décès, Invalidité, Perte d’emploi).
  • Le coût total de l’assurance en euros sur la durée du prêt.
  • Le coût mensuel.

Mon conseil d’expert : Ne regardez pas le coût mensuel (souvent faible, type 12€/mois). Regardez le coût total. Vous réaliserez souvent que pour assurer un prêt de 10 000 €, l’organisme de crédit vous demande 1 500 € ou 2 000 € sur 5 ans. C’est là que vous comprendrez l’urgence de comparer.

Utilisez cette fiche pour aller voir un assureur délégué (type courtier) et demandez un devis à garanties équivalentes. L’écart de prix est souvent substantiel.

Diagnostic Express : Avez-vous vraiment besoin de cette assurance ?

Avant de chercher “la moins chère”, posez-vous la question qui fâche : en avez-vous besoin tout court ?
Le conseiller bancaire vous dira toujours “Oui”, car il est en général commissionné. Mais la réalité financière est plus nuancée. Pour trancher, il faut sortir de l’émotionnel et faire un calcul de risque froid.

Le profil “Prudent” vs le profil “Investisseur”

L’assurance n’est pas un produit magique, c’est un transfert de risque.

  • Vous êtes célibataire, jeune, sans enfants, locataire ? La garantie Décès ne sert strictement à rien (personne n’héritera de votre dette, elle s’éteindra souvent avec vous ou sera prise sur l’actif). Vous payez pour protéger… la banque.
  • Vous êtes chef de famille, avec un conjoint et des enfants ? Là, le risque est réel. Si vous disparaissez, laisser une dette de 20 000 € à votre conjoint peut le mettre en péril. Ici, l’assurance est nécessaire, mais pas à n’importe quel prix.

Le Seuil de Rentabilité : La règle des 8 000 €

C’est une vérité que les courtiers connaissent mais que le grand public ignore. Il existe un seuil critique en dessous duquel l’assurance est une perte sèche.

💡 L’Analyse Expert (Pépite #2) : L’Auto-Assurance vs la Délégation

Vous empruntez 3 000 € ou 4 000 € sur 24 mois ?

1. L’offre Banque : Elle sera chère proportionnellement, mais “indolore” (quelques euros).

2. L’offre Délégation (Externe) : Surprise, beaucoup d’assureurs alternatifs refuseront votre dossier ou appliqueront une “prime plancher” (frais de gestion incompressibles, ex: 30€/an minimum).

Le verdict : Pour les petits montants (< 5 000 €), la délégation est souvent impossible ou non rentable à cause des frais de dossier. La stratégie : Faites de l’auto-assurance. Placez les 10€ ou 15€ que vous auriez donnés à l’assureur sur un livret d’épargne chaque mois. En cas de pépin mineur, vous avez votre propre coussin de sécurité. Ne prenez l’assurance que si le montant emprunté mettrait votre équilibre budgétaire en danger vital.

Le Coût Caché : Décryptage de l’arithmétique bancaire

Vous pensez payer “le prix d’un café par mois” ? C’est ce que la banque veut que vous croyiez. En réalité, la mécanique de calcul des cotisations est souvent conçue pour maximiser la marge du prêteur au détriment de votre logique financière.

TAEA vs Taux Nominal : Ne vous faites pas avoir

Quand vous comparez des crédits, vous regardez le TAEG (Taux du crédit). Mais pour l’assurance, vous devez exiger le TAEA (Taux Annuel Effectif de l’Assurance).

  • Un crédit peut afficher un taux d’appel “promo” à 1,90 %.
  • Mais l’assurance proposée à côté peut avoir un TAEA de 4,50 % !

⚠️ Le Constat Choc (Pépite #3)

Il arrive fréquemment, surtout sur les crédits courts ou les montants moyens, que le coût de l’assurance soit supérieur au coût des intérêts du crédit.

Exemple réel : Sur un prêt de 10 000 € à 3% sur 48 mois.

  • Intérêts payés à la banque : ~600 €</li
  • Assurance standard (0,50% sur capital initial) : ~2 400 € (48 x 50€).

Vous payez 4 fois plus cher pour assurer l’argent que pour l’emprunter. C’est une aberration économique totale.

Le piège du calcul sur “Capital Initial”

C’est l’astuce la plus rentable pour les banques, et la plus coûteuse pour vous. Il existe deux façons de calculer votre cotisation :
1. Sur Capital Restant Dû (Offre Délégation) : Vous payez selon ce qu’il reste à rembourser. Au début c’est normal, à la fin du prêt, la cotisation est minuscule. C’est logique : le risque diminue.
2. Sur Capital Initial (Offre Banque) : Vous payez un pourcentage de la somme empruntée au départ, tout le long du prêt.

📉 La Preuve par les Chiffres (Pépite #4)

Imaginez que vous êtes à 2 mois de la fin de votre crédit. Il vous reste 200 € à rembourser.

  • Avec une assurance sur Capital Restant Dû, vous payez quelques centimes.
  • Avec une assurance bancaire sur Capital Initial, vous payez encore la même mensualité qu’au premier jour (basée sur les 10 000 € empruntés il y a 5 ans).

Bilan : Sur un crédit long (5 ans et +), l’assurance sur Capital Initial est un gouffre financier. Fuyez-la systématiquement.

Alerte Rouge : L’assurance des crédits renouvelables (Revolving)

Si le crédit conso classique a ses pièges, le crédit renouvelable est un champ de mines.

L’assurance y est calculée mensuellement sur le solde dû. Comme le principe du revolving est de reconstituer le capital très lentement (vous payez surtout des intérêts), le capital dû baisse peu.

⛔ Le Piège Ultime (Pépite #5)

Sur un revolving, l’assurance est une rente viagère pour le prêteur. Tant que vous utilisez la réserve d’argent, vous payez plein pot. Les taux d’assurance y sont souvent 2 à 3 fois plus élevés que sur un prêt amortissable classique.

Conseil : Ne prenez JAMAIS l’assurance sur un crédit renouvelable. Si vous avez besoin de sécurité, transformez votre revolving en prêt personnel classique (amortissable) et assurez celui-là.

Analyse des Garanties : Lesquelles sont vitales ?

Les assureurs jouent sur votre peur : “Et s’il vous arrive quelque chose, qui va payer ?”. C’est un argument puissant. Mais toutes les protections ne se valent pas. Certaines sont indispensables, d’autres sont de pures sources de profit pour les banques.

1. Le Socle de Base : DC + PTIA (La protection minimale)

C’est le “minimum syndical” présent dans 99% des contrats.

  • DC (Décès) : En cas de décès, l’assureur rembourse le capital restant à la banque.
  • PTIA (Perte Totale et Irréversible d’Autonomie) : C’est l’état de dépendance totale (vous ne pouvez plus travailler et avez besoin d’une tierce personne pour vous laver, vous nourrir, etc.). C’est assimilé au décès d’un point de vue économique.

Est-ce indispensable ? Oui, pour protéger vos héritiers (conjoint/enfants) afin qu’ils n’héritent pas de la dette.

👴 L’Analyse Expert (Pépite #6) : Le Doublon des Seniors

Attention : Les banques vendent ce socle DC/PTIA très cher aux seniors (jusqu’à 75 ou 80 ans). Mais posez-vous la question : que financez-vous ?

Si vous financez un bien liquide et revendable (ex: un Camping-Car à 40 000€) et que vous avez du patrimoine, l’assurance décès est parfois inutile. Scénario : En cas de décès, vos héritiers peuvent simplement revendre le véhicule pour solder le prêt. Pourquoi payer une fortune chaque mois pour couvrir un risque qui est déjà couvert par la valeur du bien lui-même ?

Conseil : Vérifiez vos contrats de Prévoyance existants (via votre mutuelle ou votre employeur). Vous êtes peut-être déjà couvert pour le décès à hauteur du crédit. Ne payez pas deux fois.

2. Le Socle “Premium” : ITT / IPT / IPP (Le coût caché)

C’est ici que la prime d’assurance peut grimper. Ces garanties couvrent les accidents de la vie qui ne sont pas mortels, mais qui impactent directement vos revenus.

  • IPT (Invalidité Permanente Totale) : Taux d’invalidité > 66%. Vous ne pouvez plus exercer votre métier.
  • IPP (Invalidité Permanente Partielle) : Taux entre 33% et 66%. Plus rare en crédit conso.
  • ITT (Incapacité Temporaire de Travail) : C’est l’arrêt de travail classique (maladie, accident).

Est-ce indispensable ? Sur un crédit immobilier de 25 ans, oui. Sur un crédit conso de 3 ans pour une voiture, c’est très discutable. Ces options peuvent doubler le coût de l’assurance. Elles sont souvent truffées d’exclusions (les fameux problèmes de Dos et Psy mentionnés plus haut). Si vous êtes fonctionnaire ou salarié avec un bon maintien de salaire par votre entreprise, ces garanties peuvent se révéler inutiles, car en doublon. Au moment de la souscription, évaluez avec votre conseiller ou courtier en assurance la pertinence de ces garanties.

Mal de dos et Dépression : Les “Exclusions Silencieuses” (MNO)

C’est le piège n°1 des refus d’indemnisation en France. Vous êtes en arrêt de travail pour une hernie discale ou un burn-out sévère. Le médecin vous interdit de travailler. Vous pensez que l’assurance va payer vos mensualités ? Faux.

Dans 90% des contrats standards bancaires, les affections disco-vertébrales (dos) et psychiques (psy) sont classées comme MNO (Maladies Non Objectivables).

⚠️ Le Piège (Pépite #7)

Pour être indemnisé sur ces pathologies, la banque exige souvent une condition drastique écrite en tout petit : l’hospitalisation (parfois supérieure à 3 ou 7 jours) ou une intervention chirurgicale.
La réalité : On opère de moins en moins le dos, et on hospitalise rarement pour une dépression. Résultat : vous êtes malade, vous perdez des revenus, et l’assurance refuse de payer car vous n’êtes pas “passé sur le billard”.
La parade : Si vous choisissez une délégation d’assurance, exigez le “Rachat des exclusions MNO”. Pour quelques euros de plus, vous serez couvert sans condition d’hospitalisation. C’est vital.

La garantie Perte d’Emploi : Le grand bluff ?
Le conseiller vous dira : “Avec la crise, c’est plus prudent de s’assurer contre le chômage”. Sur le papier, oui. Dans les faits, c’est souvent de l’argent jeté par les fenêtres.Cette garantie est truffée de verrous qui la rendent quasi-impossible à déclencher pour le commun des mortels.

🚫 Le Verdict Expert (Pépite #8)

Avant de signer pour cette option très coûteuse, regardez ces deux lignes :

1. Le délai de carence : Souvent 6 à 12 mois. Si vous perdez votre job dans les 6 mois après la signature du prêt, vous n’êtes pas couvert. Mais vous avez payé les cotisations !

2. Le délai de franchise : Une fois au chômage, l’assurance ne paie souvent qu’après 90 jours (3 mois).

3. Les exclusions : Démission, Rupture Conventionnelle (souvent exclue), fin de période d’essai, CDD… tout cela ne compte pas. Seul le licenciement économique strict est généralement couvert.

Chiffre clé : Moins de 2% des cotisants à une assurance perte d’emploi touchent un jour une indemnité. Un chiffre qui doit bien vous faire réfléchir au moment de choisir ou non cette option sur votre assurance de prêt à la consommation.

Les Spécificités par Projet : Où sont les pièges ?

Selon que vous achetiez une voiture ou que vous fassiez des travaux, les pièges ne se cachent pas au même endroit.

Crédit Auto / Moto (En concession)

Le vendeur de voitures n’est pas un banquier, c’est un commerçant. Sa marge sur la vente du véhicule est parfois plus faible que sa commission sur le financement et l’assurance.

🚗 L’Astuce (Pépite #9) : Fuyez le “Package”

En concession, on vous vend souvent un “Loyer tout compris” (LOA ou Crédit) incluant : La voiture + L’entretien + L’assistance + L’assurance Décès + L’assurance Perte Fi.
C’est une technique de “noyade” des coûts. L’assurance emprunteur y est souvent facturée au prix fort sans que vous puissiez la distinguer.

Action : Exigez de dissocier le financement de l’assurance. Demandez le coût du crédit “nu”. Vous verrez que l’assurance proposée par le concessionnaire est souvent 50% plus chère qu’une assurance externe spécialisée.

Prêt Travaux et Gros montants (> 20 000 €)

Pour une piscine, une véranda ou une rénovation énergétique, les montants grimpent. Ici, l’impact du Taux d’Assurance est colossal. Sur ces montants, la banque sait qu’elle est en concurrence. C’est le seul moment où elle peut être encline à faire un effort… si vous montrez que vous êtes informés.

Ne signez jamais la première offre sur un gros montant. Faites une simulation sur un comparateur en ligne ou un courtier et faites jouer la concurrence.

Remboursement Anticipé du Crédit : l’assurance s’arrête-t-elle toute seule ?

C’est un classique : vous recevez une rentrée d’argent et vous décidez de solder votre crédit à la consommation avant la fin (Remboursement Anticipé Total). Vous pensez logiquement que tout s’arrête.

La règle juridique : L’assurance est un accessoire du prêt. S’il n’y a plus de dette, il n’y a plus de risque à assurer. Le contrat d’assurance doit donc s’éteindre automatiquement à la date du remboursement, et les prélèvements doivent cesser.

Le piège terrain (L’inertie administrative) : C’est ici que ça coince souvent.

1. Si c’est l’assurance de la banque : Les services “Crédit” et “Assurance” ne communiquent pas toujours en temps réel. Il n’est pas rare de voir les prélèvements d’assurance continuer pendant 1 ou 2 mois après le solde du prêt. Surveillez votre compte !

2. Si c’est une délégation (Assureur externe) : L’assureur externe n’est pas au courant que vous avez remboursé la banque. Si vous ne le prévenez pas, il continuera de vous prélever jusqu’à la date de fin initiale du prêt !

💡 Le Conseil Expert : Ne faites pas confiance à l’automatisme. Dès que vous avez soldé votre crédit, demandez immédiatement à la banque une “Attestation de solde” ou une “Attestation de fin de prêt”. Envoyez ce document par email ou courrier à votre assureur (interne ou externe) pour exiger l’arrêt immédiat des cotisations et le remboursement des éventuels trop-perçus (au prorata temporis).

Regroupement de Crédits : Faut-il tout fusionner ?

Si vous envisagez une opération de rachat de crédits pour alléger vos mensualités, vous allez mécaniquement solder vos anciens prêts (Auto, Travaux, Renouvelable) pour n’en ouvrir qu’un seul nouveau. À ce stade, deux logiques d’assurance s’affrontent :

1. La logique du “Mille-feuille” (assurances individuelles) : Tant que vous ne regroupez pas, vous cumulez des assurances disparates. Vous payez une assurance “Crédit Auto” + une assurance “Prêt Perso” + une assurance “Revolving”. C’est souvent la solution la plus coûteuse, car vous payez le prix fort (tarif de détail) sur chaque petit contrat, avec des TAEA élevés et des frais de gestion multipliés par trois ou quatre.

2. La logique de “l’Assurance Unique” (assurance du regroupement) :
En regroupant vos dettes en un seul prêt (par exemple 30 000 € sur 10 ans), vous pouvez souscrire une seule nouvelle assurance sur la somme totale.

  • L’avantage mathématique : C’est ici que l’économie est la plus spectaculaire. En passant sur un montant total plus élevé (> 20 000€), vous devenez éligible aux offres de délégation d’assurance les plus compétitives, souvent inaccessibles aux petits crédits.
  • Le point de vigilance : Attention toutefois à l’âge en fin de prêt. Le regroupement allonge souvent la durée du crédit. Si le nouveau prêt vous emmène au-delà de 70 ou 75 ans, le coût de l’assurance Senior peut flamber. Il faut alors comparer soigneusement le coût total avant/après.

Le Plan d’Action : Payer moins cher et être mieux couvert

Vous avez compris les pièges. Maintenant, passons à l’offensive. Ne restez pas passif face à votre banquier ou organisme de crédit. Voici la méthodologie exacte pour reprendre le contrôle de votre argent, étape par étape.

1. La stratégie du “Sign & Switch”

On le répète car c’est l’arme absolue (Pépite #10). Si vous avez un dossier “moyen” ou que vous êtes pressé, ne perdez pas d’énergie à négocier l’assurance avant l’obtention du prêt. Le banquier a des objectifs commerciaux. Si vous lui refusez l’assurance lors du rendez-vous, il pourrait trainer des pieds pour débloquer les fonds.

  • L’action : Signez le contrat de la banque. Faites le dos rond.
  • Le timing : Attendez que les fonds soient sur votre compte.

La frappe : Dès le lendemain, lancez la procédure de résiliation ci-dessous. Vous aurez eu le prêt facile, et l’assurance pas chère. Le beurre et l’argent du beurre.

2. Tuto : Changer d’assurance avec la Loi Hamon

Depuis la loi Hamon, le changement est devenu une formalité administrative simple. Vous avez 12 mois à compter de la signature de l’offre de prêt pour résilier à tout moment, sans frais ni pénalités.

Le timing est crucial : 1ère année vs Après (Le piège de la date anniversaire)

Attention, c’est ici que beaucoup d’emprunteurs se font avoir par confusion avec le crédit immobilier (Loi Lemoine). Pour le crédit consommation, la liberté totale a une date de péremption.

Il y a deux périodes distinctes à connaître absolument :

1. La “Fenêtre Dorée” (Les 12 premiers mois – Loi Hamon)

C’est la période de grâce. Pendant un an à compter de la signature de votre offre de prêt, vous pouvez résilier votre assurance n’importe quand.
Préavis : 15 jours maximum avant l’envoi de la demande.

Conseil : C’est le moment idéal pour appliquer notre stratégie du “Sign & Switch”. N’attendez pas la fin de l’année, faites-le tout de suite.

2. Le “Tunnel Annuel” (Après 1 an – Loi Chatel / Code des Assurances)

Une fois la première année écoulée, vous perdez la flexibilité totale. Vous ne pouvez plus résilier qu’une seule fois par an, à la date anniversaire de la signature de votre offre de prêt.

  • La contrainte : Vous devez respecter un préavis de 2 mois avant cette date.
  • Le piège : Si vous signez votre prêt un 15 mars et que vous voulez résilier le 20 janvier de l’année suivante (soit moins de 2 mois avant l’échéance), c’est trop tard ! Vous êtes reparti pour un an de cotisations plein pot.
  • Votre droit (Loi Chatel) : L’assureur a l’obligation de vous rappeler cette date limite chaque année avec l’avis d’échéance. S’il ne le fait pas, vous retrouvez votre droit de résilier à tout moment. Surveillez votre boîte aux lettres !

En résumé :

  • Crédit < 1 an : Changez TOUT DE SUITE (Loi Hamon). C’est simple et immédiat.
  • Crédit > 1 an : Sortez votre calendrier. Calculez votre date anniversaire et mettez une alerte 3 mois avant pour envoyer votre lettre recommandée.

La procédure en 3 étapes :

1. Trouvez votre nouveau contrat : Utilisez un comparateur ou un courtier. Il faut impérativement que le nouveau contrat présente un niveau de garantie équivalent à celui de la banque (critères CCSF). Si les garanties sont égales ou supérieures, la banque ne peut pas refuser.

2. Envoyez la demande de substitution : Envoyez à votre banque (par recommandé avec AR) votre nouveau certificat d’adhésion et une lettre de demande de résiliation. Souvent, votre nouvel assureur s’occupe de tout (mandat de résiliation).

3. L’attente (10 jours ouvrés) : La banque a 10 jours ouvrés pour vous répondre.

  • Elle accepte : Elle vous envoie un avenant (gratuit) avec le nouveau Taux Effectif Global (TEG/TAEG) recalculé.
  • Elle refuse : Elle doit motiver le refus par écrit (souvent sur un détail de garantie manquante). Si le motif est abusif, menacez de saisir le Médiateur de l’Assurance

Le Questionnaire de santé : ne mentez jamais !

Sur les crédits consommation (souvent inférieurs à 200 000 €), le questionnaire de santé est souvent “simplifié”. C’est un piège redoutable.

Alerte Rouge (Pépite #11) : La fausse déclaration non-intentionnelle

Le formulaire vous demande : “Avez-vous suivi un traitement médical de plus de 30 jours ces 5 dernières années ?”. Vous avez fait de l’hypertension il y a 3 ans, mais c’est fini. Vous cochez “NON” pour aller vite.

La sanction : Le jour où vous avez un accident grave, l’assureur demandera votre historique Sécu. S’il trouve cette hypertension non déclarée, il invoquera la nullité du contrat. Cela signifie que le contrat n’a jamais existé. Non seulement il ne paie pas le crédit, mais il garde vos cotisations passées.

Notre conseil : Toujours déclarer une pathologie et payer une surprime par mois, que de payer une assurance “vide” qui ne vous couvrira pas le jour J. Soyez transparents, on ne le répétera jamais assez !

Conclusion : Les 3 Règles d’Or de l’emprunteur averti

L’assurance emprunteur crédit conso n’est pas une taxe obligatoire, c’est un produit que vous achetez. Comme tout produit, il se compare et se négocie.

Pour résumer ce guide, gravez ces 3 règles :

1. Le TAEA est votre seul juge : ignorez le coût mensuel, exigez le coût total et le taux annuel de l’assurance.

2. Fuyez le calcul sur Capital Initial : préférez toujours une cotisation calculée sur le “Restant Dû” (dégressive).

3. Négociez APRÈS avoir eu l’argent : utilisez la Loi Hamon pour changer d’assureur une fois les fonds sécurisés.

C’est en appliquant ces règles que vous transformerez une dépense contrainte en une protection efficace et économique.

FAQ : Questions Fréquentes de l’assurance emprunteur sur le crédit conso

Vous disposez de 14 jours calendaires (et non ouvrés) à compter de la signature du contrat pour vous rétracter. Si vous renoncez à l’assurance dans ce délai, cela n’annule pas le crédit (sauf si c’était une condition d’octroi explicite, ce qui est rare en conso).

Non. C’est strictement illégal. La loi interdit à la banque de modifier les conditions du prêt (taux, durée) ou d’appliquer des frais de dossier en représailles d’une délégation d’assurance. Si elle le fait, elle s’expose à une amende de 15 000 €.

Oui. Grâce à l’amendement Bourquin et à la Loi Lemoine (pour l’immo, mais applicable par extension ou via résiliation infra-annuelle selon les contrats conso), vous pouvez résilier à chaque date anniversaire du contrat. Vérifiez les conditions générales de votre offre, la plupart des contrats modernes permettent même la résiliation à tout moment (Loi Hamon / Résiliation infra-annuelle assurance).

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